“Ramassez vos cahiers et vos crayons gris !” – les bretonnismes, première partie

Les bretonnismes sont des tournures propres à la langue bretonne qui sont passées dans la langue française locale.  Ayant passé les vingt premières années de ma vie en Bretagne, mon vocabulaire est imprégné de ceux-ci. Ainsi, il m’arrive souvent, en discutant avec des amis originaires d’autres régions, d’utiliser des mots ou expressions qu’ils ne comprennent pas, ou une syntaxe qu’ils trouvent incorrecte, alors qu’ils me semblent tout à fait normaux. En voici une sélection :

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Les expressions

Je vais faire de l’essence : je vais faire le plein

 Celui-ci est arrivé grand maintenant : il a bien grandi. Le verbe arriver (errruet en Breton) peut vouloir dire devenir

Elle est venue au milieu de tout : elle est venue sans prévenir

Le soleil se cache : le soleil se couche

Biz’ à la carotte : biz signifie doigt en breton. On dit « biz’ à la carotte » à un enfant qui pleure ou qui a fait une bêtise, en pointant un index et en le frottant contre celui de l’autre main

Comment que c’est ? : comment ça va, traduction du breton «penaos eo? »

Faire la chouille : faire la fête

Aller avec mon vélo/ma voiture : aller en vélo/voiture

Il fait frisket : il fait froid

Les mots

Une binouz : une bière

Une cuche : une queue de cheval

Un crayons gris ou crayon en bois : un crayon papier

Un palto : une veste

Un ben : un pantalon

Une poch : un alcoolique

Grignouser : pleurnicher. Un grignous ou une grignouse est quelqu’un (souvent un enfant) qui pleurniche et/ou ronchonne.

Arsouiller : aller dans l’excès (boire trop, rouler trop vite)

La syntaxe

L’usage du verbe « ramasser » : il s’utilise à la place de ranger, cueillir, rentrer. Dès l’école primaire, nous entendons « ramassez vos cahiers ! ». En Bretagne, nous allons aussi ramasser des pommes, nous ramassons nos affaires, nos pièces de monnaie, etc.

L’usage du verbe « tirer » : tirer ses chaussures (enlever, ôter), tirer les patates (arracher)

L’usage du verbe « envoyer » : envoyer ses affaires (emporter), envoyer sa grand-mère à la gare (conduire), envoyer des crêpes chez le voisin (emmener). Cet emploi est dû à la traduction des verbes kas et degas qui expriment respectivement un mouvement vers l’extérieur et un mouvement vers soi.

A suivre…